Les arts martiaux traditionnels sont-ils efficaces ?

Comme chacun peut le constater à travers l’actualité, la société devient chaque année plus dangereuse. Les attentats, les agressions, les incivilités sont de plus en plus fréquentes et face à cette situation est-ce que les arts martiaux traditionnels peuvent être une réponse adaptée ?

Et bien cela dépend en fait de la pratique et de l’enseignement de chaque école et cette réponse peut heureusement souvent être OUI mais également et malheureusement parfois et on le regrette de plus en plus fréquemment NON, comme je vais tenter de vous l’expliquer ci-dessous.

Cet article a pour objectif principal de faire réfléchir le pratiquant sur le chemin qu’il souhaite parcourir dans son évolution et sa pratique des arts martiaux traditionnels et pour le non pratiquant, de lui donner envie de venir pratiquer cet art ancestral et complet que nous enseignons à l’école Khiêm Hô d’Orsay.

Un peu d’histoire

Les arts martiaux ont été à travers les siècles, comme leur nom l’indique, l’étude, l’apprentissage et la pratique du combat et de la guerre. Dans ces temps beaucoup plus dangereux qu’aujourd’hui, cet art était essentiel à la survie. Aucune autre règle que celle qui permettait au pratiquant de revenir entier chez lui à l’issue de la confrontation n’était en vigueur. C’était en quelque sorte une assurance tout risque qu’il était vital de pratiquer au quotidien pour assurer sa longévité. Dans ce contexte, l’étude du combat était autant technique, psychologique, que stratégique et philosophique. Il fallait à coup sûr prendre l’ascendant sur l’adversaire quitte à avoir recours à la ruse et aux faux semblants. Les arts martiaux allaient jusqu’à enseigner à offrir en pâture à l’adversaire de fausses faiblesses. Ceci afin d’amener l’adversaire à conduire une attaque qui se retournerait inéluctablement contre lui.

La pratique était alors tournée essentiellement vers l’efficacité de l’instinct. Les Maîtres travaillaient à forger les réflexes des combattants sur leurs instincts primaires pour leur permettre d’atteindre une célérité de réaction prompte à rendre l’action victorieuse dès le premier geste. L’objectif était que le combattant soit le plus efficace possible en un temps le plus court possible.

Les arts martiaux étaient alors une pratique très complète qui mettait la « zenitude » 😎 du pratiquant au centre de l’entrainement.  Il n’était alors pas rare de passer beaucoup de temps à travailler les énergies sur la respiration et la décontraction pour gagner en sérénité. Le mental du pratiquant était capital et déterminant pour le conduire plus surement à la victoire. L’adaptation au stress intense était donc un entrainement encore plus important que les muscles et le corps. Et cela est d’autant plus important quand on sait que le moindre stress augmente considérablement le rythme cardiaque. Et que ce rythme cardiaque, très rapidement, (à partir de 140 pulsations par minute !) perturbe notre cerveau dans sa capacité à traiter les informations vitales, gestion de nos sens (comme la vue, l’ouïe les réflexes,..).

En clair, plus nous sommes stressés et fatigué plus notre cœur s’accélère et plus nous sommes handicapés pour un combat par la perte de nos sens et de nos réflexes.

En cela, les Maîtres des arts martiaux traditionnels ont donc toujours été conscient de la nécessité de faire travailler leurs pratiquant sur deux axes principaux, le mental et le physique (l’interne et l’externe)

Les arts martiaux modernes et le travers des pratiques sportives et de la compétitioncombat

 

Avec l’avènement en occident des civilisations modernes offrant un confort de vie qui n’avait jamais été atteint jusqu’alors, le « risque zéro » c’est imposé comme étant le nouvel ordre établi. Ainsi de nombreuses écoles d’art martiaux se sont misent à offrir à leurs pratiquants un nouvel enseignement plus sportif de cet art. Elles ont alors transformé leur pratique afin de la rendre plus ludique, compétitive, spectaculaire et surtout sécurisée perdant au passage une part importante de l’enseignement traditionnel.

Constatant cette évolution de nombreux Grands Maîtres du 20ième siècle se sont exprimés contre cette dérive sportive qui allait pour eux, à l’encontre de l’essence même des arts martiaux. Ils ont notamment dénoncé les règles des compétitions qui interdisent certains coups et prises estimés trop dangereux. Ils ont également alerté unanimement sur le fait que l’enseignement se tournait de plus en plus vers ces pratiques de compétition oubliant l’essence même de l’Art Martial qui est de formé un combattant efficace à se défendre contre un adversaire qui en veut à sa vie. Ils ont insisté fortement sur la modification importante des réflexes des pratiquants qui avaient pour seul but de marquer des points en compétition et plus de rendre l’adversaire impuissant, pour sauver leur peau !

En clair, ces respectables Grands Maîtres reprochent à ces écoles de rendre inefficaces leur enseignement et ainsi de générer des pratiquants inaptes à sauver leur peau dans la rue !

Qu’en est-il de notre école d’Arts Martiaux Vietnamiens traditionnels Vo Co Truyen ?

combat02La démarche de notre école est tout autre. Une part très importante est apporté au développement personnel à travers une pratique et un apprentissage traditionnel.

Nos Maîtres ont à cœur de construire le parcours de chacun avec ses spécificités et surtout sa sensibilité propre. Ils cherchent à construire notre pratique en travaillant avant tout sur nos faiblesses car ce sont elles qui seront déterminantes en situation réelle. Et c’est indiscutablement ce travail qui offrira au pratiquant la satisfaction du progrès accompli et donc l’augmentation de la « confiance en soi » qui en découle et qui est fondamentale pour la construction d’un mental résistant au stress.

Une part importante du travail est basée sur la coordination des mouvements et l’harmonie de l’esprit. Le mental doit être robuste et l’esprit toujours dirigé vers la dynamique des enchainements afin d’offrir à chaque instant une possibilité de défense et de riposte tout en ayant une grande conscience permanente de l’environnement périmétrique.

Chaque pratiquant quel que soit son âge, son sexe, sa condition physique et psychique reçoit des conseils adaptés à l’évolution de sa pratique. Ceci d’autant qu’en fonction de l’âge du pratiquant, les besoins et motivations évoluent. Le jeune ne rêve que de ressembler à son idole du dernier film d’art martiaux  (Bruce Lee 😎 ) en le singeant, l’adolescent et le jeune adulte se voient sur les sommets de l’olympe et leurs égos parfois s’envolent, tandis que l’adulte dans la force de l’âge ne recherche qu’une harmonie entre condition physique et bien être intérieur dans le plaisir du partage avec l’autre dans la convivialité et la fraternité.

La pratique à l’école KHIÊM HÔ offre au moins tout cela,…. et encore plus !

Nos Maîtres sont très expérimentés et ils travaillent à donner à chacun les outils de son épanouissement personnel en fonction de ses attentes, de ses possibilités et de sa motivation.

Ils nous rappellent très régulièrement que l’art martial se construit sur la tradition de l’enseignement ancestral qui procure les fondations indispensables à la construction d’une kinesthésie efficace et pilotée par une psyché robuste emprunte de valeurs permettant une relation forte à l’autre, empathique et humaniste.

La pratique dans l’école est donc éclectique et toutes les influences ou vécus personnels antérieurs y sont considérés comme un enrichissement culturel.

Certains préfèrent une pratique douce tournée vers l’apprentissage de gestes précis et parfois complexes dans l’objectif d’obtenir une gestuelle parfaite pour les enchainements des Quyens (enchainement de parades et de coups contre un ou plusieurs adversaires avec ou sans arme).

D’autres ne sont là que pour canaliser leur énergie et pratiquer le combat et la compétition.

D’autres encore sont là pour le travail interne préférant un pratique alliant renforcement psychique et physique (dualité Cuöng/Nhu).

Certains préfèrent la self défense privilégiant l’efficacité d’une réponse réflexe à un danger codifié.

Et certains aiment et pratiquent tout avec passion et détermination vers l’atteinte de la sérénité à travers la respiration (le Khí Công, circulation de l’énergie).

Chacun peut donc construire dans notre école la pratique qui lui convient.

Outre les techniques du combat à mains nues de nombreuses armes traditionnelles sont travaillées. À notre époque savoir manier un sabre ou un bâton peut sembler décalé. En fait, il n’en est rien, cette pratique aide à construire une gestuelle efficace par une souplesse et une ampleur corporelle permettant une décontraction dans l’action propice à l’atteinte d’une grande maîtrise du corps et de l’esprit. L’arme devenant avec le travail un prolongement du corps à travers l’esprit.

axelepe

L’ensemble de ces pratiques du Võ forment l’art du mouvement corporel qui conduit à une efficacité maximum pour un effort minimum. On atteint ainsi la maîtrise de soi et après une pratique assidue la sérénité, surtout lorsqu’on sait assimiler les méthodes ancestrales fondamentales.

Conclusion

Oui les arts martiaux traditionnels Vietnamiens sont une pratique efficace à de nombreux égards :

  • nul doute que la simple activité physique est bonne pour la santé (la sédentarité tue plus en France que les accidents de la route !),
  • la pratique y est variée et adaptée à chacun,
  • l’enseignement est tourné autant vers l’esprit que le physique.

Ils permettent d’atteindre dans la pratique une plus grande «confiance en soi» et une meilleure «maîtrise de son corps et de son esprit». Ils procurent ainsi un apaisement intérieur et une sérénité qui permet d’être mieux armé face aux stress de la vie quotidienne.

ying-yang400

Vous êtes pratiquant et cet article vous donne envie de réagir ! Alors surtout n’hésitez pas à laisser un commentaire ci-dessous !

 

Commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.